De nombreux sportifs souffrent un jour d’une rupture des ligaments croisés. Nous avons donc interrogé un chirurgien orthopédiste, spécialiste de la rupture du ligament croisé du genou pour vous éclairer sur cette pathologie. 

Comment être sûr que l’on souffre d’une rupture du ligament croisé d’un genou ? Vous avez subi une torsion lors d’une chute ou d’un traumatisme et votre genou gonfle ? C’est mauvais signe. Si vous avez eu le sentiment que ça craquait dans votre genou et qu’à présent il se déboîte, consultez un médecin : il semblerait que votre ligament se soit rompu. Votre médecin procédera à des tests spécifiques. Si le doute subsiste, une IRM permettra de confirmer le diagnostic.

Quel est le profil type du patient qui souffre d’une rupture d’un ligament croisé ?

« Il est très souvent jeune et sportif. Le football, le ski, le handball, le basket et les sports de combat sont les disciplines plus exposées au syndrome. Mais ce type de rupture peut également toucher des ouvriers du bâtiment qui chutent d’un échafaudage ou des personnes qui subissent un accident de la vie courante. »

Faut-il ou non opérer ?

« Le seul critère, selon moi, c’est la sensation d’instabilité. L’âge n’en est plus un. Il y a quelques années, on s’interdisait d’opérer après 40 ans, considérant que le patient n’était plus assez actif. Mais aujourd’hui, on n’hésite plus à le faire car les patients pratiquent de plus en plus souvent une activité sportive tout au long de leur vie et les bénéfices de l’opération sont importants. On supprime l’instabilité et on évite l’apparition des lésions secondaires. »

Il est toutefois recommandé d’attendre avant d’opérer…

« Oui, même si les médias nous rapportent le cas de footballeurs professionnels qui se font opérer dans la semaine qui suit leur blessure. On conseille souvent d’attendre six semaines avant d’envisager une intervention. Pendant cette période, le patient va porter une attelle pour se soulager et éviter d’aggraver les choses. Durant ces six semaines, on va prescrire de la rééducation pour ne pas perdre de musculature, surtout au niveau du quadriceps, afin de récupérer une meilleure stabilité. Parfois, il arrive qu’on récupère une stabilité complète et, qu’au final, l’opération ne s’impose plus. »

Comment se déroule l’opération ?

« On pratique un peu une chirurgie à la carte. On ne prend plus systématiquement tel ou tel tendon pour réparer le ligament croisé. S’il s’agit d’un basketteur, il serait dommage de lui prendre le tendon rotulien car une fois rétabli, ça limiterait sa capacité de rebond. Idem pour un carreleur qui passe sa vie à genou : la cicatrice le gênerait. Avec une danseuse, on évitera de prendre les tendons ischio-jambiers car elle en a besoin pour faire des pointes. Depuis 2013, des chercheurs ont découvert l’existence du ligament antérolatéral. On se doutait de sa présence mais il est encore invisible à l’IRM. Quand le croisé se rompt, lui aussi souffre. Le reconstruire permet de gagner en stabilité. »

Et après ? Combien de temps dure l’arrêt de travail ?

« Quelqu’un qui exerce dans un bureau va pouvoir reprendre une activité au bout d’un mois car on lâche les béquilles et on donne l’autorisation de conduire quatre semaines après l’intervention. Un ouvrier du bâtiment, lui, ne pourra pas reprendre avant au moins trois mois. »

Et le sport ? Quand peut-on s’y remettre ?

« Pour le vélo, c’est très rapide : comptez environ quinze jours, trois semaines parfois. Pour la course à pied, il faut attendre entre 3 et 4 mois. Pour les sports en pivot, 6 mois sont un minimum (un délai de huit à neuf mois est recommandé). Souvenez-vous : le footballeur Ibrahimovic était pressé de reprendre à six mois pile. Que s’est-il passé ? Deux matches plus tard, il était de nouveau blessé… Il ne faut pas être pressé. La blessure peut resurgir si la reprise est trop précoce. »

Un dernier conseil ?

« Préservez les ménisques ! Si lors de la rupture de votre ligament croisé, un ménisque est touché, on essaiera de le conserver ou de le réparer de manière à prévenir ou limiter l’apparition d’arthrose précoce. »

Recevez nos derniers articles Santé/Sport!

Merci d'avoir souscrit à notre Newsletter.

Share This