Les vertus du sport sont aujourd’hui reconnues par la communauté médicale. Sa pratique est un complément thérapeutique pour mieux vivre, vieillir et guérir. Depuis le 1ermars 2017 (décret du 30 décembre 2016), les médecins traitants peuvent prescrire une activité physique adaptée à des patients atteints d’une affection de longue durée (ALD).

 

[L’ESSENTIEL]

  • Une trentaine d’affections de longue durée (ALD) ouvrent potentiellement droit au sport sur ordonnance : maladies psychiatriques de longue durée, Alzheimer, Parkinson, tumeurs malignes, diabète, maladie coronaire…
  • 10,4 millions de Français concernés par une ALD (chiffre Assurance maladie, 2016) pourraient bénéficier de ces prescriptions.
  • La loi ne prévoit pas le remboursement par l’Assurance maladie des séances d’activité physique adaptée prescrites par le médecin traitant. Certaines mutuelles, assurances et collectivités locales proposent néanmoins une prise en charge.

Un partenariat gagnant : coaches sportifs et médecins

Dans son récent rapport sur l’utilité du sport pour être en bonne santé, le député de la Moselle Belkhir Belhaddad (LREM) cite l’exemple de Strasbourg, où un dispositif pilote a été mis en place dès 2012.
Le dispositif alsacien prévoit que les médecins envoient les patients vers des régies municipales travaillant en lien direct avec une équipe de coaches sportifs spécialement formés. Le programme d’activité est défini par le médecin et cet encadrant. Un carnet de suivi leur permet de communiquer sur l’état de santé et les avancées du patient.

Cette pratique suivie des activités physiques, adaptées à l’état de santé du patient, est gratuite la première année, intégralement financée par la collectivité.

Puis elle fait l’objet d’une « tarification solidaire progressive », oscillant entre 20 et 100 euros par an, selon les ressources des bénéficiaires, la deuxième et la troisième année.

Pour la collectivité, le dispositif représente un coût de 450 000 euros par an, dont 70 % sont financés par la Ville, 10 % par l’agence régionale de santé (ARS) du Grand Est, et 5 à 10 % par le régime local d’Assurance maladie. Ce coût correspond, pour l’essentiel, à la rémunération des 7 équivalents temps plein (ETP) d’éducateurs sportifs mobilisés pour les besoins de la cause.
Au total, à Strasbourg, 2 000 personnes sont entrées dans le dispositif (70 % de femmes et 30 % d’hommes).

 

Le sport, un atout pour la santé

Dans son rapport, le député Belkhir Belhaddad s’est entretenu avec Didier Ellart, vice-président de l’Association des élus en charge du sport (Andes). Celui-ci a rappelé que la pratique régulière d’une activité physique permettait de réduire de 30 % les risques de maladies cardio-vasculaires, de 25 % les risques de cancer du sein, et de repousser d’environ 7 ans la dépendance. Également interrogé, le professeur Jean-François Toussaint ajoute que des études scientifiques permettent aujourd’hui de prouver les bienfaits de l’activité physique sur des pathologies comme la mucoviscidose ou encore la drépanocytose, ainsi qu’en matière de santé mentale.

 

« Le sport joue sur le physique et, d’abord, sur le psychique »

C’est exactement ce qu’a pu constater Pierre Garrigou, interne en médecine physique et de réadaptation au CHU de Bordeaux, qui a répondu à nos questions :

Pourquoi prescrivez-vous des activités physiques à vos patients ?
« Pour certaines pathologies, il est démontré que le sport permet de réduire les maladies cardio-vasculaires. Nous, on espère même qu’il sera prescrit en préventif. Les sports adaptés aux difficultés de la vie peuvent redynamiser le malade. »

Quel est le profil type du patient qui peut bénéficier du sport sur ordonnance ?
« Les diabétiques, les obèses, les malades chroniques, les gens qui souffrent d’hypertension artérielle ou même les personnes seules en détresse psychologique peuvent y avoir droit. Mais il y a des limites : ce ne sera pas le cas pour une personne en bonne santé qui voudra se faire prescrire une remise en forme en salle de sport ! »

Que constatez-vous comme résultats ?
« Les chiffres parlent en notre faveur mais surtout, les patients se sentent mieux dans leur peau. Avant de jouer sur leur corps, le sport joue sur leur santé mentale. »

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