Ce dimanche aura lieu l’ironman 70.3 de Barcelone.. Que savez-vous sur ce type de courses, de plus en plus populaire ?

L’Ironman désigne un type d’épreuve bien spécifique dans la catégorie des triathlons. Également appelé XXL, c’est le format le plus long qui soit : 3 800 m de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied ! Est-ce sans risque pour la santé ? Éléments de réponse avec le Dr Anne-Charlotte Dupont, médecin à la Fédération française de triathlon.

 

Ironman : une préparation essentielle

« Venir à bout des 10-12h de course – et même jusqu’à 16h pour les derniers amateurs – n’est pas totalement sans risque, prévient-elle d’emblée. Outre la fatigue et le risque de chute, qui grandit avec le temps passé sur le parcours, une mauvaise préparation peut être délétère et déclencher divers troubles : micro-infarctus localisés et asymptomatiques, potentiellement perturbateurs du rythme cardiaque ultérieurs ; fatigabilité cardiaque et allongement du temps de récupération, voire syndrome de surentraînement.

N’oublions pas non plus les conséquences métaboliques en cas de mauvaise stratégie nutritionnelle : crampes, déshydratation et insuffisance rénale, troubles de la conscience, rhabdomyolyse (libération de tissus musculaires dégradés dans le sang) ou encore œdème cérébral en cas de consommation exclusive d’eau pure non salée », énumère-t-elle.

Pour autant, courir un Ironman avec une bonne préparation sur tous les plans, et en respectant un schéma de course précis, peut s’envisager, après avis du médecin et du cardiologue – tests d’effort vivement recommandés ! « Pour les adeptes des longues distances répétées – 3 ou 4 (half-) Ironman par an – je ne peux que préconiser un suivi cardiologique permanent avec la réalisation régulière d’une échocardiographie pour la recherche d’un remodelage cardio-vasculaire pathologique (dilatation des cavités cardiaques ou de l’aorte ascendante, troubles de la cinétique myocardique ou du rythme cardiaque, valvulopathies…), qui serait une contre-indication au triathlon longue distance », prévient le Dr Dupont.

l’Ironman est une forme extrême de triathlon qui mélange natation, cyclisme et marathon.

Un Ironman : « Pas si violent que ça »

 

Dr Bruno Grandidier, médecin du sport et triathlète

Bruno Grandidier est médecin du sport et a déjà lui-même bouclé quatre Ironman. « Il ne faut pas prendre cet effort à la légère mais en tant que sportif et médecin, je ne trouve pas qu’un Ironman soit si violent que ça. C’est long, donc on travaille l’endurance et on ne devrait jamais être dans le rouge au niveau du cœur. Forcément, il y a des moments de souffrance mais si tu es bien préparé, ça ne peut être que bénéfique pour ta santé. Je m’explique : un futur Ironman va faire attention à ce qu’il mange et va, au minimum, pratiquer trois fois chaque sport par semaine. De mon point de vue, un Ironman est beaucoup moins cassant qu’un ultratrail, par exemple. Je rencontre beaucoup de patients qui terminent un ultratrail et qui ne peuvent plus mettre un pied devant l’autre pendant un an… », témoigne le Dr Grandidier.

« Seul le marathon a pu maltraiter nos articulations, la natation et le vélo sont des sports portés. Il y a moins de casse chez les triathlètes », poursuit-il. Il met toutefois en garde : « Attention, un Ironman n’est pas à la portée de tous. Nager 3,8 km est déjà en soi une prouesse. Et après, il faut enchaîner ! »

 

Rendez-vous à l’Ironman de Nice le 24 juin 2018

L’Ironman France se déroulera à Nice le 24 juin 2018. L’an dernier, 2 000 participants (92 % d’hommes, 68 nationalités représentées) avaient pris le départ sur la baie des Anges. À Nice, les temps limite pour ne pas être disqualifié sont : 2h15 pour nager 3,8 km ; 10h45 pour enchaîner la natation et les 180 km de vélo ; 16 h au total avec le marathon, pour tout boucler.

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