D’après Teddy Riner, double champion olympique de judo, la performance est possible grâce à 30 % des capacités physiques d’un athlète et 70 % de son mental… Une autre façon de dire que : « Si la tête va, tout va ». Tous sportifs accumulent des heures de travail spécifique, basé sur leur discipline mais leur secret réside souvent dans leur entraînement invisible.

En quoi consiste l’entraînement invisible ?

Éléments de réponse avec François Méret, ancien entraîneur technique régional de la Ligue d’Aquitaine de 2004 à 2015.
« L’entraînement invisible complémente et bonifie tout ce qui est mis en place pour mettre le corps dans les meilleures dispositions possible. Souvent la relation entraîneur-entraîné ne suffit pas pour arriver à l’objectif final. Un nutritionniste, un préparateur mental, un sophrologue, un kiné, un ostéopathe peuvent intervenir. Toutes ces personnes sont susceptibles d’intervenir dans l’entraînement invisible. »
Il y a 4 grands principes de l’entraînement invisible à respecter si on veut parvenir à son but, qu’il soit une médaille internationale, un podium régional ou simplement rester en forme toute l’année.

1. La nutrition

« Évitez les grignotages ! Il est important de s’alimenter trois fois par jour et d’intégrer un goûter, une collation. Une alimentation variée, c’est devenu commun comme expression mais une carence peut entraîner une blessure. C’est important de ne pas banaliser cette expression et de recharger en protéines réparatrices vos muscles juste après une grosse séance ou une compétition. »
Les BCAA (Branched chain amino-acids, « acides aminés à chaîne ramifiée » en français) sont recommandés. Ce sont des acides aminés qui régénèrent vos fibres. Attention à bien les consommer entre une et trois heures après l’effort pour mettre moins de temps à récupérer. L’alimentation, c’est votre carburant. Si vous mettez de l’essence bas de gamme dans votre réservoir, vous ne prendrez pas soin de votre corps qui se comporte comme une machine.

L’entraînement invisible consiste en tout ce que les sportifs font en dehors de leur entraînement physique, du contrôle de l’alimentation au rendez-vous santé à la récupération physique après l’effort.

2. La récupération

« Le sommeil est l’une des clefs de la performance. L’endormissement entre 23 heures et 7 heures est le plus favorable pour récupérer. Toutes les heures avant minuit compteraient même double. Imaginez que dormir vous permet de recharger vos batteries. On dit d’ailleurs que la récupération fait partie de l’entraînement. Être à l’écoute de son corps et décider de faire une sieste plutôt qu’une séance peut s’avérer protecteur. Vous venez peut-être d’éviter une blessure. En règle générale, je préconise la sieste de 20 minutes. Elle est très réparatrice.
Les bains froids pour favoriser la circulation sanguine et reconstituer les cellules ou les fibres, sont aussi importants. À réaliser, après une compétition ou en prévention une fois par semaine… »

3. Les soins médicaux

« À un moment, on ne parle plus d’entraînement mais de projet sportif. Si vous pratiquez régulièrement de façon rigoureuse et que vous avez une hygiène de vie saine, vous devriez toucher à votre but. Encore faut-il une aide extérieure pour prendre soin de votre machine, votre corps. Prendre rendez-vous chez le kiné une fois par semaine en prévention, pour assouplir, étirer les muscles et protéger les articulations, c’est important. Le rendez-vous chez le kiné mais aussi chez l’ostéopathe une fois par mois ou par trimestre est vivement conseillé car en s’entraînant, on peut maltraiter notre corps. »

4. La préparation mentale

« Se donner les moyens de gagner ou de parvenir à notre objectif, c’est sans cesse se motiver et gérer son stress. La pression peut faire perdre six mois de travail et d’entraînement. Connaître son corps, ses réactions, son ressenti est important pour performer. Il faut savoir démystifier l’impossible, accepter l’impondérable, combattre l’insoutenable. La sophrologie, l’hypnose, la PNL (programmation neurolinguistique) sont des techniques pour vous sauver une course ou un match. »
Si on se fie à la proportion avancée en début d’article, le coach sportif effectue 30 % du travail quant au coach mental, c’est 70 %.
Alors ne culpabilisez pas si, de temps en temps, vous sautez une séance d’entraînement, ça fait partie de l’entraînement invisible, votre corps vous remerciera.

Repères Dr Sport

La préparation mentale permet d’atteindre « l’état de flow », soit un état de concentration maximale, de plein engagement et de satisfaction étudié en psychologie et qui a des applications dans tous les domaines de la vie courante, y compris le sport.

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