L’affaire avait fait beaucoup de bruit fin 2017 : le mensuel So Foot dévoilait une enquête présentant les terrains synthétiques comme potentiellement dangereux pour la santé. Face aux inquiétudes d’associations et élus, le Gouvernement avait demandé un rapport à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Publiée mardi 18 septembre 2018, l’étude se veut rassurante.

Plus de 3 000 terrains synthétiques en France

Les terrains synthétiques ont plusieurs avantages : moins chers à installer et nécessitant moins d’entretien qu’un terrain en gazon classique, ils connaissent un discret succès auprès des municipalités françaises qui veulent maîtriser leur budget tout en offrant un terrain de sport à leurs habitants.
Fabriqués à partir de caoutchoucs (recyclé et non), ils ont une durée de vie plus longue. Selon le ministère des Sports, ils représentent 7 % des terrains de grands jeux de France, soit 3 049 terrains sur l’ensemble du territoire.

Un risque potentiel pour la santé ?

Selon l’enquête de So Foot, qui se base sur les résultats d’études complémentaires, ces terrains synthétiques présenteraient un risque majeur pour la santé. Les billes noires dont ils se composent provoqueraient des cancers, notamment du sang, du fait de leur contact avec la peau et les potentielles blessures des joueurs.
La note de l’Anses publiée mardi 18 septembre 2018 se veut moins alarmante. La cinquantaine d’études analysées et les expertises scientifiques « ne mettent pas en évidence de risques préoccupants pour la santé » précise Gérard Lasfargues, directeur général délégué de l’Anses, à l’AFP. « Quand on suit les populations qui pratiquent sur ces terrains, et qu’on compare à la population générale, on ne voit pas d’excès de risque ou d’augmentation. »

Les terrains synthétiques : un risque pour l’environnement

Ce résultat n’est toutefois pas le point final de l’affaire « terrains synthétiques » puisque l’Anses elle-même a identifié des « limites méthodologiques dans les données disponibles » et recommande des études plus précises sur la dangerosité des matériaux car « des incertitudes demeurent quant aux risques sanitaires potentiels », en particulier dans les terrains installés en intérieur et les aires de jeux pour enfants.
Autre point problématique, les risques pour l’environnement liés à l’utilisation de pneus recyclés, colles, colorants, liants et agents lissants dans la fabrication des terrains synthétiques. Ils doivent être étudiés de manière plus approfondie.

 

Repères Dr Sport

On compte, en France, 3 047 terrains synthétiques, utilisés le plus souvent par des joueurs et des équipes de football amateur. Ils représentent près de 7 % de l’ensemble des terrains dits de « grands jeux ».

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