Pour expliquer cette pathologie, il faut déjà comprendre le rôle du tendon d’Achille d’un point de vue anatomique. Il s’insère sous le talon sur un os appelé calcanéum et sur un muscle du mollet appelé triceps sural. Il est long de 15 centimètres et épais de 5 centimètres. Il est constitué de fibres de collagène très résistantes qui peuvent soutenir jusqu’à 400 kg. Si on coupe le tendon d’Achille, on tombe par terre. C’est grâce à lui que nous marchons et courons car il permet la flexion de la cheville et par là l’érection du corps.

Souffrez-vous d’une tendinite du tendon d’Achille ?

On peut le savoir : • À la palpation : vous sentez une douleur lors de la contraction du mollet (triceps) mais aussi lors de son étirement. • Vous sentez une raideur lorsque vous vous relevez après une position assise longue ou tout simplement au réveil, chaque matin.

Pourquoi votre tendon est-il enflammé ?

Les causes possibles :

  • Vous jouez ou courez trop souvent sur un terrain dur, traumatisant pour votre tendon.
  • Vous manquez de souplesse de la chaîne postérieure.
  • Vous souffrez d’une contracture au triceps sural.
  • Vous courez et vous avez tendance à attaquer le sol avec votre avant-pied.
  • Vous sollicitez donc davantage vos mollets et l’amorti naturel du tendon d’Achille.
  • Vous manquez de stabilité au niveau de la cheville (problèmes ligamentaires dus à une vieille entorse).
  • Vous enchaînez trop souvent les séances d’entraînement et vous ne respectez pas les phases de repos – pourtant, la récupération fait partie de l’entraînement.
  • Vous êtes en surpoids.

Faut-il arrêter le sport en cas de tendinite du tendon d’Achille ?

Il ne faut pas s’arrêter. Il faut diminuer l’intensité, adapter votre pratique sportive (le vélo et la natation sont recommandés) mais il ne faut pas ne plus solliciter le tendon.

Pourquoi ? Car l’inflammation aide à la cicatrisation. Si on arrête toute activité, une fibrose peut se créer à l’endroit de la douleur et cette épaisseur de tissus entraînera un épaississement qui n’est pas recommandé. Selon le degré d’inflammation et le niveau de douleur, il faut compter entre trois et six semaines pour que la douleur passe. Pour ce qui est de la cicatrisation complète du tendon, six semaines entières sont nécessaires. La tendinite au niveau du talon d’Achille est une douleur commune qui nécessite plusieurs semaines pour guérir mais est rarement très grave.

Tendinite du tendon d’Achille : que faire pour guérir ?

1) Des ondes de choc chez un kiné : solliciter le tendon permettra de générer les fibres. D’après une étude de l’Assurance Maladie, les ondes de choc accélèrent le processus de guérison de 80 %.

2) La thérapie manuelle : votre kiné appuie comme une brute sur votre tendon ? C’est normal. La douleur est insupportable mais la manipulation permet la bonne irrigation du tendon.

3) Marcher pieds nus pour assouplir.

4) Il faut rallonger votre tendon, donc étirer souvent les mollets, les ischio-jambiers (les muscles de l’arrière de la cuisse) : toute la chaîne postérieure, en fait.

5) Faites vérifier vos chaussures de sport par un spécialiste et monter en drop pour protéger votre tendon ; le drop est la différence de hauteur entre l’avant et l’arrière de votre basket. Consultez un podologue, qui vous conseillera pour vous équiper de semelles orthopédiques ou non. Selon vos besoins…

6) Glacez chaque soir devant la télé 20 minutes au minimum.

Tendinite : dans quel cas doit-on avoir recours à la chirurgie du tendon ?

Lors de la rupture totale du tendon d’Achille. Elle est fréquente après une tendinite mal soignée et peut avoir lieu lors d’un démarrage brutal. Mais avant de souffrir d’une rupture, agissez en demandant un peignage de votre tendon. Si vous êtes sujets aux tendinites chroniques, ça le rendra plus fort. Cela consiste à fendre le tendon en bandelettes longitudinales ; le tendon va alors s’étendre entre les bandelettes et deviendra plus résistant mécaniquement. Cette opération est réalisée sous anesthésie locale. Mais avant d’en arriver là, il est important de consulter !

Repères Dr Sport

Environ 11 % des coureurs non professionnels subissent, chaque année, une douleur achilléenne. Certains sports sont moins à risque comme le tennis (2 % des pratiquants), le football (1 %) ou le cyclisme (blessure très rare).

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