En dehors des accidents qui n’auraient pas pu être évités et ceux liés à une trop grande prise de risques de la part des plongeurs, qui restent très rares, deux accidents représentent le danger principal pour les plongeurs. Gérard Lorber, moniteur fédéral du premier degré au Club Nautilus de Metz, les explique à Dr Sport.

Les accidents de décompression

Ce sont les accidents les plus dangereux : ils sont liés à la respiration de l’air comprimé contenu dans les bombonnes. Cet air est composé à 21 % d’oxygène et 78 % d’azote et c’est ce dernier, inerte, qui peut poser problème. « L’azote se dissout dans le sang et n’est pas consommé » nous explique Gérard Lorber. Il se retrouve ainsi dans le sang ce qui est normal. C’est la pression à laquelle est soumis le corps lors de la plongée qui va causer l’accident lors de la remontée à la surface. Si celle-ci est trop rapide, « l’azote se dilate dans le sang » ce qui crée une bulle qui peut se retrouver bloquée dans un vaisseau sanguin. Elle risque alors de couper la circulation sanguine. C’est le même mécanisme qui intervient lors d’une embolie pulmonaire. Si la plupart des accidents de décompression peuvent être traités facilement, ils peuvent avoir des conséquences très graves comme « des lésions neurologiques » voire entraîner la mort du plongeur.

La surpression pulmonaire

L’autre risque majeur lié à l’activité de plongée sous-marine est la surpression pulmonaire. Elle concerne « les plongeurs sans beaucoup d’expérience » et est liée au volume d’air qui augmente dans la cage thoracique, là aussi lors de la remontée. Cette augmentation est due à une rétention de la respiration lors de la remontée qui peut conduire à la destruction des alvéoles pulmonaires.

Le nombre de plongeurs en France a doublé en quelques années seulement mais grâce à une sensibilisation accrue le nombre d’accidents est resté stable et le nombre d’accidents graves a baissé.

Une sensibilisation accrue auprès des plongeurs

Ces deux accidents surviennent lors de la remontée et la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESS) en est consciente. Gérard Lorber nous explique qu’une sensibilisation à ces risques a été intégrée aux formations et elle porte ses fruits : malgré des statistiques quasiment inexistantes, « il y a moins d’accidents graves ». Malgré une forte démocratisation de la plongée, « le nombre de plongeurs a doublé en 15 ans » selon Gérard Lorber, le nombre d’accidents est resté stable. La preuve que les formations et la sensibilisation ont porté leurs fruits ».

Les formations intègrent désormais la REC (Remontée en expiration contrôlée) à destination des nouveaux plongeurs pour éviter la surpression pulmonaire, ainsi qu’un protocole RIFAP (Réaction intervention face à un accident de plongée) afin de savoir comment réagir en cas d’accident de décompression. Cette formation, obligatoire pour obtenir le niveau 3 de plongée, permet de réduire le risque d’accidents graves en enseignant les actions à réaliser sous l’eau et hors de l’eau ainsi que les premiers secours.

La plongée : un sport pour tous

Si des risques existent, comme dans toute activité, Gérard Lorber précise que la plongée reste un sport adapté à tous, jeunes comme seniors. Il signale d’ailleurs que « la population des jeunes plongeurs, ceux sans expérience, est en train de s’inverser » : les retraités s’y intéressent de plus en plus. Certaines maladies peuvent augmenter les risques d’accident mais aucune n’interdit la plongée. Il faut de toute manière passer une visite médicale pour certifier de l’aptitude à pratiquer la plongée sous-marine. Gérard Lorber met néanmoins l’accent sur l’importance de l’entraînement régulier : de nombreux accidents frappent les plongeurs qui n’ont pas pratiqué depuis longtemps et qui ont, de fait, oublié les bons réflexes.

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