Une des blessures à la tête les plus emblématiques de l’histoire du football est sans aucun doute celle du gardien tchèque de l’Arsenal FC Petr Cech (en photo). En octobre 2006, il est victime d’une fracture du crâne pour laquelle il a dû être opéré. Il ne pourra recommencer à jouer qu’en janvier 2007 et sera, depuis lors, obligé de porter un casque lors de chaque rencontre.

Le risque de commotion cérébrale, dans le football, est relativement important. Surtout dans le football professionnel où les joueurs prennent tous les risques pour intercepter le ballon et où les chocs sont récurrents. Un véritable problème de santé qui inquiète de plus en plus de médecins de grandes équipes.

 

Un protocole « commotion » mis en place pour le Mondial 2018

Preuve que la FIFA prend l’affaire au sérieux, la Coupe du Monde 2018 qui se tient en Russie a instauré un nouveau protocole médical appelé « protocole commotion ». Il a été créé après le scandale suscité par la gestion de la commotion cérébrale dont a été victime le joueur allemand Christoph Kramer durant la finale de l’édition 2014 : autorisé à reprendre le match malgré le coup très violent qu’il a subi, il s’est évanoui 14 minutes après son retour sur le terrain.

La polémique a enflé et la FIFA a réagi : durant la Coupe du Monde 2018, pour la première fois dans cette compétition, l’arbitre a le droit d’arrêter le match durant trois minutes après qu’un joueur a pris un coup sur la tête. De plus, seul le médecin de l’équipe peut autoriser, ou non, le joueur à revenir sur le terrain, l’arbitre ne devant pas tenir compte des demandes de l’entraîneur ou du joueur lui-même.

 

Le risque de commotion largement sous-évalué

Cette autorisation donnée à l’arbitre est une première réponse alors qu’une étude, menée par le professeur Michael D. Cusimano et publiée sur la revue Journal of the American Medical Association en 2017, dévoilait que durant l’ensemble des 64 matchs de la coupe du Monde 2014 il y avait eu 81 collisions de la tête. Dans 67 de ces 81 cas, le professeur a identifié deux symptômes d’une possible commotion voire plus.

Ces coups ont, semble-t-il, été sous-évalués : 16 % des joueurs n’ont reçu aucune aide ni aucun contrôle, 63 % ont été « soignés » directement sur le terrain soit par un coéquipier soit par un médecin et seulement 16 % ont été soignés en dehors du terrain par un professionnel. Sur l’ensemble du tournoi, seuls trois joueurs ont quitté le terrain après qu’une commotion ait été diagnostiquée (ou tout du moins supposée).
Pour le professeur Cusimano, toutefois, le protocole mis en place après la Coupe du Monde 2014, soit les trois minutes de pause, est insuffisant : « c’est quasiment impossible d’établir un diagnostic en si peu de temps ».

Plusieurs médecins de la Premier League ont demandé à la FIFA de modifier le règlement du football pour pouvoir mieux diagnostiquer les commotions cérébrales.

La FIFA exclut de rallonger la « pause commotion »

La gestion du risque de commotion cérébrale par la FIFA est de nouveau sur le devant de la scène après le choc subit par le marocain Norim Amrabat, le 15 juin 2018 durant le match contre l’Iran. Sur le moment sa blessure n’a été traitée qu’avec un peu d’eau sur le visage quelques tapes sur le visage. Preuve que la blessure a été sous-estimée, il a passé la nuit à l’hôpital et souffrirait d’une amnésie partielle de plusieurs heures.

Ce même 15 juin 2018, le quotidien britannique The Telegraph dévoilait que la FIFA a refusé la demande exprimée par plusieurs médecins de la Premier League, la Ligue 1 britannique. Ils avaient proposé d’aligner le règlement du football sur celui du rugby et d’autoriser des remplacements temporaires de 10 minutes en cas de risque de commotion : ainsi faisant, les médecins auraient eu plus de temps pour examiner le blessé.
Pour Michel D’Hooghe, médecin en chef de la FIFA interrogé par The Telegraph, ce n’est pas une option : il y a un fort risque que les entraîneurs utilisent ce remplacement temporaire pour des raisons stratégiques et non médicales. Offrir 10 minutes de repos à un joueur peut effectivement changer l’issue d’un match.
Les médecins de la Premier League ont également demandé qu’un quatrième remplacement durant le temps réglementaire soit autorisé, si un joueur a été diagnostiqué avec une commotion cérébrale et dans le cas où les trois remplacements ont déjà été utilisés par l’entraîneur. Sur cette question, il semblerait que la FIFA ne se soit pas encore prononcée ; pour la Coupe du Monde 2018 une quatrième substitution a déjà été instaurée, mais seulement durant les prolongations.

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