10 millions de Français sont concernés par l’arthrose (17 % de la population) selon le site officiel de l’Aflar (Association française de lutte antirhumatismale). Et 30 % des personnes touchées ont moins de 40 ans. La pratique d’une activité sportive est-elle compatible avec cette pathologie chronique ? Éléments de réponse avec le docteur Anne-Charlotte Dupont.

 

Qu’est-ce que l’arthrose ?

« L’arthrose est une maladie dégénérative chronique des articulations des membres ou du rachis (la colonne vertébrale, N.D.L.R.). C‘est une pathologie multifactorielle dont l’hérédité, le surpoids ou encore les contraintes physiques professionnelles sont des facteurs de risque.

Elle correspond plus précisément à une atteinte du cartilage, qui va se détériorer progressivement en raison d’un environnement inflammatoire persistant. Par la suite, c’est également l’os dit « sous-chondral » – c’est-à-dire l’os situé sous le cartilage – qui va être atteint ; sans oublier la membrane synoviale, qui tapisse le pourtour de l’articulation et qui va devenir douloureuse, elle aussi, en raison de son inflammation.

Toutes ces atteintes vont donc créer un état douloureux, fluctuant au début puis permanent, avec des phases d’amélioration et de dégradation. Les personnes concernées vont donc limiter leurs activités pour ne pas accroître leurs douleurs, amenant à un enraidissement articulaire puis à une perte de la capacité fonctionnelle voire, dans le pire des cas, à une perte d’autonomie. »

Le sport est-il conseillé quand on souffre d’arthrose ?

« Il est important de prendre soin de ses articulations pour limiter la survenue, puis l’évolution de l’arthrose. Et le sport est un moyen thérapeutique non médicamenteux efficace pour lutter contre. Encore faut-il bien choisir un sport adapté à cette pathologie. »

Faire du sport est une manière de combattre contre l’arthrose à condition de ne pas forcer sur les articulations.

Quels sont les meilleurs sports pour les personnes atteintes d’arthrose ?

« D’une façon générale, l’activité physique a pour objectifs de maintenir une bonne mobilité articulaire ainsi qu’une bonne souplesse, sans oublier une masse musculaire suffisante pour maintenir sa capacité fonctionnelle, y compris pour les activités de la vie quotidienne.

On choisira donc une activité physique dynamique d’intensité légère à modérée, qui « stimule » le bon fonctionnement du cartilage. On privilégiera aussi une activité régulière en décharge, dont la durée et l’intensité doivent être en accord avec la règle de l’indolence, c’est-à-dire pouvoir la pratiquer sans douleur. C’est donc une « cuisine personnelle » à trouver.

Cependant, on peut d’ores et déjà conseiller les deux meilleurs sports d’endurance que sont le cyclisme et la natation. Attention, toutefois, pour le cyclisme, que le vélo soit bien réglé pour éviter de créer d’autres pathologies secondaires ; pour la natation, on privilégiera le palmage ou le crawl, plus techniques, au détriment de la brasse, qui a tendance à aggraver la lordose lombaire (une courbure de la colonne vertébrale, N.D.L.R.) et donc à favoriser les lombalgies. »

Et si les malades ne sont pas sportifs ?

« On peut orienter les personnes moins à l’aise avec le sport vers d’autres activités dites « en charge » comme la marche « simple », la marche nordique – qui nécessite des bâtons que l’on veillera encore une fois à bien régler – ou encore la randonnée, pour les habitués ou les amateurs de marche longue en pleine nature.

Attention à ne pas être trop gourmand en termes de durée et de dénivelé : il faut s’écouter et être raisonnable. Car la douleur est un signe d’inflammation, l’inflammation favorisant la dégradation du cartilage. Sinon, pour les personnes qui redoutent de sortir marcher, on peut leur conseiller des activités douces en groupe, comme la gymnastique et ses dérivés, ou encore l’aquagym, très intéressante en cas d’arthrose et de surpoids, par exemple. »

 

Repères Dr Sport

L’arthrose touche, en France, 17 % de la population. Facile à diagnostiquer, un simple bilan radiographique suffit dans 95 % des cas, elle existe sous deux formes : l’arthrose primitive, essentiellement de type héréditaire, et l’arthrose secondaire, liée à des facteurs différents comme le surpoids, des conditions de travail ou une déformation.

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